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10.04.08 Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System)
 
Après l'installation sur le télescope Pan-STARRS-1 du système de prises de vues numériques le plus puissant et le plus avancé au monde, sa mise en service cet été promet de modifier considérablement notre vision de l'Univers en générant, au terme de ses obervations, la carte du ciel la plus détaillée jamais tracée dans le visible. Les astronomes s'attendent donc à découvrir une myriade d'astéroïdes, de comètes et autres objets stellaires et galactiques.

Le télescope Pan-STARRS-1 (PS1) se situe sur l'île de Maui (Hawaii).

Principe de détection

En photographiant une même région du ciel au moins une fois chaque semaine, il sera possible de découvrir dans chaque image des changements minuscules susceptibles d'indiquer la présence d'un astéroïde ou d'une comète non référencé. En combinant plusieurs images, les astronomes seront alors en mesure de calculer l'orbite et certaines des caractéristiques de l'objet en question.

Sonder le ciel pour découvrir les NEO (near-Earth objects) et autre géocroiseurs


Cette caméra devrait être capable d'observer la totalité du ciel et cela plusieurs fois par mois en prenant des clichés d'une dimension immense : 38.000 X 38.000 pixels et jusqu'à 1000 par nuit ! Une image de cette taille sera de fait 200 fois plus grande que ce que permet un appareil de photographie numérique classique. Mieux encore, sa sensibilité sera sans commune mesure à tout ce qui existe aujourd'hui. Elle sera capable de voir des objets jusqu'à 10 millions de fois plus faibles que ce que peut discerner l'œil humain.

Vous l'aurez compris, cette caméra sera avant tout utilisée pour réaliser des surveys très fins (sondage du ciel). Elle sera mise en œuvre dans le cadre d'un projet visant à découvrir tous objets qui se déplacent ou dont la forme viendrait à se modifier entre 2 prises de vues. Son objectif est de repérer et de caractériser l'ensemble de la population des astéroïdes proches de la Terre (NEO et NEA), ceux dont l'orbite peut présenter un danger de collision avec la planète.

On s'attend à en découvrir jusqu'à 5 fois plus que tous les autres sondages réunis !

Un programme d'étude des NEA

Les astéroïdes proches de la Terre sont une source d'inquiétude pour les scientifiques en raison de la menace qu'ils font peser sur la Terre. Si les plus gros d'entre eux sont assez bien étudiés, en revanche, on sait que très peu de choses sur les plus petits, ceux que l'on a bien du mal a détecter. Quid de leur masse, de leur densité ?

D'autres objectifs


Notez que d'autres utilisations des images de ce sondage sont également prévues. Les astronomes comptent s'appuyer dessus pour réaliser des cartes en 3D de galaxies ou de la répartition de la matière noire, ou encore pour étudier l'évolution des galaxies et les supernovae détectées dans ce sondage.

Un risque potentiel pour la Terre

Les astéroïdes proches de la Terre préoccupent les gouvernements des grands pays ainsi que des organismes internationaux comme l'ONU. Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est moins leur détection que les mesures à prendre pour nous protéger en cas de collision annoncée (Echelle de Turin). Clairement si l'on découvre aujourd'hui qu'un objet dévastateur pour l'espèce humaine se diriger contre la Terre ces prochaines années, aucune action ne serait possible pour s'en débarrasser.

Les surveys de ce type ont le mérite de dresser une carte qui au fil du temps deviendra exhaustive. Revers de la médaille la détection d'un plus grand nombre d'astéroïdes conduira également à davantage de menaces potentielles pour notre planète, d'où la nécessité de mettre au point un plan international pour faire face efficacement à une éventuelle menace venue de l'espace et être en mesure de trouver une solution.

De fait la NASA et l'ESA planchent sur des scénarii de missions visant à développer des technologies susceptibles de dévier la trajectoire d'un astéroïde. En Europe, on citera la mission Don Quichotte qui sera utilisée comme une sorte de banc test pour éprouver et valider de nouvelles technologies pour de futures missions de déviation.

Il est probable que lorsqu'une menace de ce type se précisera, on soit en mesure d'essayer au mieux de dévier l'objet de sa trajectoire de collision avec la Terre ou, au pire, le fragmenter en plusieurs morceaux avec autant de chances que ces morceaux se détruisent lors de leur entrée dans l'atmosphère terrestre et/ou dévient de leur trajectoire de collision ou que certains d'entre eux, de tailles plus ou moins importantes, s'écrasent finalement sur la Terre. Il est important de mentionner qu'un astéroïde menaçant ne peut être "volatilisé" ainsi que pourraient le laisser croire certains films de science-fiction de style Guerre des Etoiles.

Note

Les cataclysmes engendrés par une collision avec des géocroiseurs sont rares. D'après les calculs, la probabilité qu'un objet de 50 m du type Toungouska percute la Terre se produit tous les 100 à 300 ans. Un objet de 1 km, pour lequel cette probabilité se mesure en centaines de milliers d'années, pourrait rayer de la carte tout un pays.

Mais l'improbabilité statistique d'une telle menace n'enlève rien à son caractère dévastateur et depuis une quinzaine d'années, Il est en effet certain qu'une collision d'un astéroïde de grande taille avec la Terre se reproduira un jour, selon les astronomes, comme l'a montré en 1994 l'impact sur Jupiter de 21 fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 après sa désintégration.



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