Home page Astrium Techno-Science.net European Space Agency
 

   
29.01.07 Le point sur le programme Galileo
 
Avec Galileo, développé par l'ESA en coopération avec l'Union européenne, l'Europe possédera son propre système mondial de navigation par satellite et s'affranchira des services offerts par le GPS américain qui comportent de nombreuses restrictions. Galileo fournira des services de localisation précis, sécurisé et certifié à l'échelle du globe pour des applications civiles, scientifiques et militaires. Il sera placé sous le contrôle d'autorités civiles au contraire de son homologue américain, militaire lui.

Or, après une phase de définition lancée en 2000, une phase de développement et de validation clôturée en 2005 et le déploiement des premiers satellites et la construction des infrastructures au sol attendu entre 2008 et 2010 pour une entrée en service dès 2008 avant le grand saut de 2010 qui devrait voir le système entièrement opérationnel en 2010 avec 30 satellites (27 opérationnels et 3 en réserve), ce calendrier pourrait être mis à mal par plusieurs entreprises impliquées dans le développement de Galileo.

Explication

Galileo Industries est le consortium qui regroupe Alcatel Alenia Space (38 %), EADS Astrium (38 %), Thales (12 %) et Galileo Sistemas y Servicios (12 %). Il a s'agit ni plus ni moins du maître d'œuvre du système de navigation européen Galileo.

Jusque-là tout va bien, sauf que le contrat de concession de Galileo au secteur privé n'est ainsi toujours pas signé et que les pays européens ne sont pas parvenus à choisir la ville qui abritera l'autorité de contrôle du système. Aujourd'hui, bien que le siège du consortium se trouve à Munich, il existe 2 centres de décision, à Munich et Rome. Et pour cause, Ces difficultés sont renforcées par le fait que les partenaires de Galileo Industries sont aussi pressentis pour devenir les concessionnaires du système. Or la négociation du contrat de concession a pris du retard et achoppe notamment sur le partage des risques liés au programme. Jacques Barrot, le commissaire européen chargé des transports, espère désormais une signature avant la fin 2007, au lieu de la fin 2006 comme prévu initialement.

Un entêtement qui a déjà fait perdre plusieurs mois au projet et risque d'entraîner d'importantes pertes financières. Surtout, et quoi qu'en disent nos dirigeants, il révèle la difficulté qu'ont les Etats à mener le gigantesque chantier qu'est la construction de l'Union européenne, plus préoccupés par des revendications politiques nationales à court terme. 70 ans après les premières bases de la construction européenne (Congrès de la Haye en 1948), nombreux sont nos décideurs économiques et politiques à assimiler que le monde est global, ouvert et qu'il nécessite des décisions pragmatiques avec une vision à long terme.

Reste que ces luttes intestines sont vraisemblablement à l'origine du léger retard qu'accuse le développement de Giove-B et susceptible de se répercuter au programme. Son lancement prévu au printemps 2006 a été repoussé au mieux en novembre 2007.

Du côté de l'Agence spatiale européenne on se veut bien plus pragmatique et l'on fait fi de ces dissensions révélées au grand jour. Loin de ces querelles nationales, l'ESA poursuit donc la phase de validation en orbite du système Galileo qui prévoit 2 démonstrateurs, Giove A & B le déploiement d'une constellation de quatre satellites (minimum requis pour garantir l'exactitude de la localisation et de la synchronisation sur les sites témoins choisis) et la mise à contribution d'un certain nombre de stations sol associées.

Giove-A

Giove-A, pour Galileo In Orbit Validation Element a été lancé en décembre 2005. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un satellite de la constellation, mais d'un satellite qui doit tester les technologies les plus critiques relatives à la charge utile de navigation des futurs satellites Galileo opérationnels. Pour cela, il embarque notamment une horloge atomique au rubidium et un générateur de signaux. Il a pour mission principale d'émettre les signaux Galileo depuis l'espace en se déplaçant sur une des orbites prévues pour la constellation. Il doit mesurer les paramètres physiques de l'orbite et l'environnement particulier dans lequel la future constellation devra fonctionner et garantir les fréquences réservées pour le système Galileo auprès de l'Union Internationale des Télécommunications (ITU).

Giove-B

Ce deuxième satellite a été construit par le consortium Galileo Industries afin de prévenir tout risque comme un retard, un échec au lancement ou encore un mauvais fonctionnement en orbite de Giove-A. En effet, il est impératif qu'un satellite soit actif en orbite sous peine de perdre les droits accordés par l'ITU.

D'une masse de 525 kg il sera toutefois plus représentatif des 4 premiers satellites destinés à la validation en orbite de Galileo. Il emportera une charge utile très similaire à celle prévue pour les satellites de la constellation finale dont un maser à hydrogène passif (PHM), l'horloge atomique la plus précise jamais placée en orbite, dont la stabilité est supérieure à 1 nanoseconde par jour, pour l'évaluation de performance dans l'espace. Deux PHM serviront d'horloges principales à bord des satellites Galileo opérationnels, qui emporteront également deux horloges au rubidium de secours.

Ensuite, quatre satellites opérationnels seront lancés, afin de valider le segment spatial de base de Galileo et le segment sol associé. Une fois cette phase de validation en orbite (IOV) achevée, les autres satellites seront mis à poste afin d'atteindre la capacité opérationnelle complète (FOC).


Articles connexes

Téléchargez la brochure Galileo (fr)
Le système Galileo (27.12.05)

Le programme spatial russe retrouve des couleurs : Glonass, le système de navigation par satellite de la Russie (3/3) (29.01.07)
L'Inde veut son propre système de navigation par satellite (07.07.06)
Lancement de Giove-A, le premier satellite Galileo (28.12.05)


  top

   
  Copyright 2000 - 2007 © flashespace.com. All rights reserved